Diassé Bouaré anime un programme agricole à l’ORTM diffusé depuis plus de 15 ans et il utilise les dossiers techniques depuis 2001. Le programme s’adresse au monde rural mais, étant diffusé en français, il touche surtout les ONGs et les vulgarisateurs. Il s’agit d’un magazine hebdomadaire de 30 minutes composé de différents sujets et diffusé le samedi soir à 21h30.
Parfois M. Bouaré réalise un numéro spécial comme celui qu’il a produit sur le coton biologique grâce au dossier technique du CTA reçu en 2005 et il invite aussi de temps en temps des invités pour débattre des sujets proposés.
Il déplore le fait que la radio n’ait pas les moyens de mettre en place un mécanisme pour recueillir les opinions des auditeurs mais quand il part sur le terrain, il prend le pouls de son public.
Il aime particulièrement dans les dossiers techniques les fiches techniques et toutes les informations didactiques qui lui permettent de bien cerner le sujet. Les thèmes lui semblent toujours pertinents et il attend toujours avec impatience le prochain numéro des dossiers techniques. En complément il réalise des interviews mais différentes difficultés interviennent dans ce travail de collecte d’information : « d’abord pour qu’un technicien puisse parler à une radio, il doit obtenir au préalable l’autorisation de sa hiérarchie ; puis il y a aussi la peur de parler en français à la radio même si on demande aux techniciens d’utiliser un langage courant, ils croient devoir utiliser un français académique ».
Il nous a raconté dans le détail comment il utilisait les dossiers :
« Je dis aux auditeurs le thème du magazine, par exemple la santé animale, puis je lis le chapeau et je fais passer le CD. Je n’ai pas le temps de rajouter du texte, 30 minutes c’est court et les gens se bousculent ici pour avoir le studio, puis je fais une conclusion. On a suffisamment d’émissions en langue locale alors je préfère passer la bande en français mais récemment j’ai pris un élément sur la salubrité des aliments et sur les repas de rue et ce serait bien de traduire en bambara pour que tout le monde comprenne l’importance de ce sujet ».
Il note que si les sujets sont réalisés dans différents pays, on retrouve souvent le Bénin et le Cameroun et il souhaiterait voir aussi des sujets qui évoquent la situation d’autres pays comme la Guinée ou la Cote d’Ivoire.