
ReR est le sigle du Réseau des Radios rurales du Burkina. Nous travaillons sous couvert du Centre audionumérique à Ouagadougou au Burkina, qui fédère les actions des radios rurales et vise à mettre les nouvelles technologies au service de ce réseau, du monde rural et des langues africaines.
Je vient d’une région où le seul moyen de trouver une information technique est de se rendre à la capitale. Le problème de la disponibilité d’information sur un sujet précis est récurrent : en milieu rural on ne dispose pas toujours de tous les éléments pour traiter des problèmes d’actualité comme la grippe aviaire ou pour enrichir les expériences et le savoir local.
Afin de déterminer les sujets qui seront traités, on interroge différents types d’acteurs : les techniciens du Ministère, des agriculteurs et aussi des associations ou Ongs. Les sujets des émissions radiophoniques sont principalement choisis avec les acteurs de terrain comme les associations ou Ongs car ce sont elles qui sont le mieux positionnées pour définir les problèmes locaux.
Nous donnons aux agriculteurs la possibilité de nous faire remonter leurs commentaires et leurs besoins en information et de réagir face à un programme qui les a intéressé, soit en venant à la radio soit en nous écrivant.
Le réseau ReR visite aussi différents villages pour déterminer les problèmes rencontrés par les agriculteurs. C’est la partie du travail qui est la plus compliquée car nous sommes confrontés à de nombreuses difficultés. La distance entre les différents villages est importante et il est souvent difficile de se rendre sur place. De plus, une fois arrivé sur le terrain, l’équipe radio se rend souvent compte de son manque d’expertise face aux problèmes techniques rencontrés par les populations. Une autre difficulté concerne le choix des techniciens qui vont nous aider à monter nos émissions. Il est, en effet, important de trouver des techniciens qui maîtrisent la langue locale et qui comprennent les difficultés des populations. Leur disponibilité est rare et il peut s’écouler 4 semaines entre la prise de rendez-vous avec un technicien pour réaliser un sujet et la diffusion du programme.
Le réseau ReR dispose d’un service qui s’appelle « Le courrier des auditeurs ». Via ce service, ceux-ci ont la possibilité de critiquer et d’émettre des suggestions d’émissions. Cela permet au réseau d’avoir une idée de la manière dont les émissions sont perçues par les auditeurs. Pratiquement, les gens appellent avec leurs portables pour participer aux émissions, donner leurs points de vue sur un sujet du jour ou pour dédier un morceau de musique. Cependant, ce courrier ne donne seulement qu’un indice et ne peut être utilisé comme instrument de mesure pour chiffrer le nombre d’auditeurs et faire un bilan de l’impact des programmes radio. D’où la nécessité de mettre en place de véritables outils comme le système de l’enquête. Malheureusement, ces outils nécessitent des moyens financiers dont le réseau ne dispose pas.
Les radios ont besoin d’être mieux outillées pour mesurer leur audience, identifier les améliorations possibles de leurs productions et mesurer l’impact de la grille de programmation. Il est nécessaire de connaître les besoins pour au moins concevoir la grille de programme. Une méthode appelée la MARP (Méthode active de recherche participative) consiste à aller faire des émissions de jeu public sur le terrain. Cela réunit beaucoup de gens issus de catégories différentes, ce qui est idéal pour faire une évaluation.
Sur la Marp, voir aussi le rapport du Gret : Regards sur les enquêtes et diagnostics participatifs .